Voici une interview d'Emmanuel Adebayor, l'attaquant Togolais d'Arsenal. Cette interview est basée sur sa carrière, en général.
Outre Arsène Wenger, quels autres entraîneurs ou joueurs ont joué un rôle important dans votre carrière ?
Pour moi, le joueur est Kanu. Je l'ai rencontré il y a peu. C'était mon idole, l'idole de l'Afrique, l'ambassadeur de l'Afrique et un joueur que tout le monde adore en Afrique. Il a réalisé une superbe carrière : il a gagné le Ballon d'Or africain, la Champions League, les Jeux Olympiques... Il a tout gagné. Côté entraîneur, ce serait Francis De Taddeo, de Metz. Il était directeur du club lorsqu'il m'a remarqué en Suède, j'étais parti jouer un tournoi avec le Togo. Il a vu mon potentiel et il m'a offert un contrat. Je n'avais que 15 ans et c'était difficile pour moi mais il m'a fait comprendre qu'un jour, je deviendrai un grand joueur. Il m'a aussi donné le meilleur conseil : garder les pieds sur terre et rester moi-même, ne pas prendre la grosse tête.
La mentalité des joueurs en Afrique est-elle différente que celle des Européens ?
Oui, la différence est énorme. J'étais si jeune quand je suis arrivé en Europe que je ne m'en suis pas tout de suite aperçu. J'avais toujours une mentalité de petit garçon. Mais lorsque je suis devenu pro (au FC Metz), j'ai commencé à éprouver des difficultés à m'adapter. On vous en demande beaucoup en Europe. En Afrique, vous jouez un match, vous essayez de gagner. Puis vous essayez de gagner le suivant, puis le suivant. Il n'y a pas autant de pression parce qu'il n'y a pas autant d'enjeu qu'en Europe. Ici, la presse vous crie dessus, les entraîneurs vous crient dessus, tout le monde vous crie dessus. Même les autres professionnels vous critiquent. Mais après un temps, vous vous y habituez et vous vous amusez. Lorsque vous arrivez ici, vous voulez vous amuser. C'est la seule façon dont les joueurs veulent progresser. On naît tous égaux mais à partir de 12 ans, les joueurs sont plus développés en Europe, ils s'entraînent déjà dans des clubs, ce qui n'est pas le cas en Afrique.
Que ressentez-vous lorsque vous marquez ?
J'adore voir le ballon toucher les filets et voir les filets trembler. J'adore le son que ça fait lorsqu'il touche les filets et le bruit des supporteurs. Vous en prenez plein les oreilles. C'est ce qui me motive, entendre les supporteurs.
Avez-vous un but préféré ?
Oui. Cela que j'ai marqué contre Manchester United à Old Trafford la saison dernière. On a gagné 1-0.
Quels sont les meilleurs et les pires moments de votre carrière jusqu'à présent ?
Les meilleurs, lorsque j'ai fait le tour d'Afrique (avec le Togo) à l'âge de 18 ans, quand j'ai remporté le Championnat (de France) des moins de 17 ans, quand j'ai permis à mon équipe (Metz) d'être promu en première division, quand j'ai joué pour Metz, joué pour Monaco et quand je les ai aidé à atteindre la finale de la Champions League (2004)... J'ai été élu meilleur joueur de deuxième division française... Toutes ces choses sont de bons moments de football et ils sont restés dans mon c½ur. En ce qui concerne les pires moments, ils n'y en a pas tant que ça. En fait, il y en a deux. Le premier, quand j'ai été expulsé en demi-finales de la Coupe de la Ligue en France, avec Metz contre Sochaux en 2003. Le deuxième était à Cardiff contre Chelsea en février. J'ai eu une mauvaise réaction lors de mon expulsion (il a refusé de quitter le terrain) et je me suis déjà excusé auprès de toutes les personnes impliquées. Les personnes qui me connaissent savent que ce n'est pas mon style. J'étais vraiment contrarié mais encore une fois, j'aimerais m'excuser.
Avez-vous des souvenirs qui vous tiennent à c½ur ?
Oui, un titre que j'ai remporté avec Metz. C'est la première chose que j'ai gagné en Europe et pour moi, c'est là que tout a commencé. Ca a lancé ma carrière.